Apnée du sommeil : Témoignage de Roselyne Leroy, patiente au pôle Santé Sud

Témoignage. Roselyne Leroy souffre d’apnée du sommeil. Elle raconte les effets de cette maladie sur son quotidien.
Les médecins considèrent qu’au-delà de 30 apnées du sommeil par heure, le patient souffre d’une forme sévère de ce syndrome. Roselyne Leroy faisait jusqu’à 37 apnées par heure. Cette Mancelle de 56 ans est « appareillée » depuis quatre ans.
 
Ventilation

Son apnée du sommeil est traitée par ventilation à pression positive continue (PPC). Pour dormir, elle porte un masque couvrant le nez et la bouche, relié à une mini turbine posée sur sa table de nuit qui en voie de l’air sous pression. Cette arrivée d’air permet de maintenir les voies aériennes supérieures ouvertes pendant le sommeil.
« Cet appareil a changé mon sommeil du jour au lendemain. Je revis. Pour tout l’or du monde, je m’en séparerais. Il me suit partout où je dors », sourit Roselyne Leroy.
« Je n’avais plus envie de rien » Cette maladie a eu une lourde incidence sur sa vie quotidienne. « Quand je me le vais le matin, j’étais aussi fatiguée que quand je me couchais le soir. Je pouvais dormir huit ou neuf et dormir de nouveau une ou deux heures l’après-midi. Je ne voyais pas passer les journées et j’avais l’impression de rester dans une sorte de brouillard. Je n’avais envie de rien. Tout me souciait. J’avais constamment envie de dormir. J’étais devenue aussi plus irritable. Mes filles m’ont fait remarquer que je ronflais très fort ». Roselyne Leroy décide alors de consulter le Dr Marie Élodie Maison, ORL du Pôle Santé Sud, spécialiste de l’apnée du sommeil.
« Quand elle m’a parlé de me faire tester [électro des posées sur le corps qui détectent les anomalies du sommeil, NDLR] afin de savoir si je souffrais de l’apnée du sommeil, j’étais un peu réticente. Le Dr Maison m’a longuement et patiemment expliqué pourquoi il était important de savoir si je souffrais de cette maladie et ses conséquences sur la santé ».

Reposée

Roselyne Leroy souffre d’hypertension depuis le décès de son mari en 2009 et est diabétique. Des maladies qui peuvent être aggravées ou provoquées par l’apnée du sommeil. « Quand elle m’a proposé l’appareillage, j’ai accepté. Ce masque à porter la nuit ne me dérange pas. Avant, mon sommeil était très agité. Je bougeais beaucoup, je faisais des cauchemars. Maintenant je dors comme un bébé. Je m’endors sur le côté, je me réveille dans la même position! Et quand j’ouvre les yeux le matin, je suis reposée ! »

« Cela peut avoir des incidences graves » -  Interview du Dr Marie Élodie Maison, ORL du Pôle Santé Sud, spécialiste de l’apnée du sommeil

Le Maine Libre : Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
Dr Marie Élodie Maison, ORL : « C’est un trouble du sommeil dû à l’obstruction des voies respiratoires aériennes supérieures (nez, bouche, pharynx, larynx) ou à une diminution de ces voies respiratoires avec une incidence sur le flux respiratoire. Un arrêt de ce flux durant au moins dix secondes ou sa diminution provoque des micro réveils. Au-delà de cinq apnées par heure, on considère que c’est anormal. Chez certains patients cela peut aller jusqu’à100 par heure. À ce stade, c’est très grave. Ce syndrome est considéré comme sévère au-delà de 30 apnées par heure. La personne souffrant d’apnée du sommeil n’atteint plus un sommeil profond. Son sommeil n’est plus réparateur. »

Ce sommeil de mauvaise qualité va donc avoir des incidences sur la vie quotidienne et la santé ?
« En effet, cette dégradation du sommeil va entraîner une somnolence diurne. La personne aura tendance à s’endormir dans la journée dans des situations anormales : lorsqu’elle conduit, lorsqu’on lui parle. Cela entraîne une baisse de la vigilance et devenir source d’accident du travail, par exemple. Ces micro réveils représentent une source de stress pour l’organisme comme si la personne était réveillée en sursaut. Cela va avoir une incidence sur la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la sécrétion d’hormones du stress qui jouent sur le métabolisme du sucre et des graisses dans l’organisme. L’apnée du sommeil augmente les risques de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète. Elle entraîne une diminution de l’oxygénation du sang, néfaste pour le cœur et le cerveau. C’est un syndrome potentiellement dangereux. »

Dr Marie Élodie Maison, ORL du Pôle Santé Sud, spécialiste de l’apnée du sommeil
« 2 à 5% de la population française est diagnostiquée. Toutefois cette maladie demeure sous-évaluée car elle est insidieuse. Il n’y a pas de patient type. Le diagnostic n’est pas toujours facile à poser. Certains malades sont symptomatiques avec 10 apnées par heure et d’autres peu symptomatiques avec 40 par heure. Les symptômes sont très variables d’un patient à un autre. Elle peut aussi toucher des personnes jeunes. Cependant l’âge et le sur poids sont des facteurs de risques, le surpoids car l’excès de graisse réduit le calibre des voies respiratoires. »

Quels sont les symptômes qui doivent amener à consulter ?
« Des ronflements importants–95%des personnes apnéiques ronflent, une somnolence diurne excessive et anormale, des sensations d’étouffement, l’envie d’aller uriner plusieurs fois par nuit, des maux de tête au réveil, une hypertension artérielle que l’on n’arrive pas à traiter, des troubles de la mémoire et de la libido. Ce dernier symptôme est fréquent. »

Cette maladie se soigne-t-elle ?
« Oui et très bien. Des traitements existent notamment la ventilation en pression positive continue (PPC), très efficace. C’est le traitement de référence. Il s’agit d’une attelle pneumatique. Le patient porte, durant son sommeil, un masque au niveau du nez et/ou de la bouche. Ce masque est relié à une station installée à côté du lit qui envoie un certain débit d’air, empêchant l’affaissement de la langue au fond de la gorge et maintenant les voies aériennes supérieures ouvertes. C’est un traitement à vie si ces apnées ne sont pas occasionnées par un surpoids important. L’apnée du sommeil liée au surpoids (obésité) peut sensiblement diminuer si la personne maigrit. Il y a aussi la solution de l’orthèse avancée mandibulaire. C’est comme une gouttière qui avance la mâchoire du bas afin de libérer l’espace au fond de la gorge : une solution pour les apnées moins sévères. La solution chirurgicale est rarement employée ».
 
© Isabelle JULIEN, « Elle a vaincu l’apnée du sommeil », Le Maine Libre, 27 mars 2021

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