Le ballon gastrique, une solution contre le surpoids

Selon l’étude Esteban menée dans le cadre du programme national nutrition santé, en 2015, 54 % des hommes et 44 % des femmes, en France, étaient en surpoids ou obèses (soit un indice de masse corporelle, IMC, supérieur ou égal à 25). La perte de poids peut être indiquée lorsque la santé de la personne est affectée (maladies associées comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’apnée du sommeil).


Le Dr Pierre Garola, chirurgien digestif et bariatrique, explique la méthode mise en place à la clinique l’Ormeau de Tarbes permettant à des patients de sortir de la spirale du surpoids et des régimes à répétition.


C’est quoi un ballon gastrique ?


Le ballon gastrique est, je pense, un procédé révolutionnaire. Il permet d’accompagner les gens en surpoids, en obésité, ou en obésité morbide. Le surpoids correspond à un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 25 et 30, l’obésité entre 30 et 40 et l’obésité morbide au-dessus de 40. Jusqu’à présent, on ne pouvait accompagner que les personnes en obésité morbide qui pouvait relever d’une chirurgie bariatrique. Pour un IMC entre 27 et 40, on n’avait rien à proposer.


Le ballon gastrique ne nécessite ni chirurgie, ni anesthésie, ni endoscopie. Je propose ce procédé à mes patients dont certains avaient effectué le parcours de chirurgie bariatrique et qui ont préféré y renoncer pour se faire placer un ballon.


Ce n’est pas un traitement miracle, et, comme les autres procédés, le patient doit être rééduqué sur le plan alimentaire et de son activité sportive. Il y a un suivi pendant presque 6 mois avec le concours d’une diététicienne. Dans ce process, on accompagne mieux les gens qu’en chirurgie bariatrique dans leur démarche d’amaigrissement. Si on arrive au même résultat, avec un procédé non invasif, sans chirurgie, sans prise de risques, surtout dans le contexte du Covid aujourd’hui, c’est quand même mieux.


Quels sont les avantages ?


La pose de ballon gastrique ne génère pas d’incapacité professionnelle. Elle s’effectue en externe. Certains de mes patients reprennent le travail le jour même. Ce n’est pas neutre par rapport à une chirurgie où on a un arrêt de travail d’environ 1 mois. J’ai placé 42 ballons depuis fin septembre. Mon premier patient à Tarbes, c’était un jeune homme de 20 ans, en obésité morbide. Il pesait 124 kg. Au bout de 4 mois, il pèse désormais 82 kg. On n’aurait pas fait mieux avec une chirurgie bariatrique.

 

Comment s’effectue la pose ?


Elle est encadrée avec des traitements contre les nausées et vomissements. On protège l’estomac contre l’acidité gastrique. Le patient vient à jeun. La pose s’effectue dans le service de radiologie. Il passe une première radio pour localiser l’estomac. Ensuite, il avale le ballon qui est comprimé dans une capsule reliée à un cathéter. On fait une autre radio afin de vérifier que la capsule est bien dans l’estomac. Je branche le cathéter sur la perfusion d’eau distillée. La capsule va se déliter dans l’eau au bout de 5 minutes et le ballon va se déplier. On remplit ensuite le ballon avec la perfusion. Puis, on reprend une radio pour bien voir le ballon gonflé dans l’estomac. On effectue une opacification de l’estomac pour voir s’il n’y a pas de reflux.


Comment se sent-on avec un ballon dans le ventre ?


Cela entraîne une pesanteur dans l’estomac, une sensation de satiété. Le ballon correspond à environ un tiers de l’estomac. Comme c’est plein d’eau, il va toujours se situer sur la partie inférieure de l’estomac où celui-ci se vidange. Les premiers jours, on peut ressentir des effets indésirables : contractures, nausées, vomissements, etc. Ce ballon dure 4 mois – à plus ou moins 15 jours – puis il se vidange et le patient l’élimine par les voies naturelles.


Y a-t-il des risques ?


Quasiment aucun. Au début, il y a eu quelques ballons – le chiffre est infime – qui ont réussi à passer dans le petit intestin et il a fallu opérer. Le problème a été corrigé depuis.


Quel avenir voyez-vous pour le ballon gastrique ?


Je crois à fond dans ce procédé. Je pense qu’il va toucher environ 40 % de la population. Il y a presque une personne sur deux qui est en surpoids en France.




© La Dépêche du Midi, le 07/04/21 par Thierry Jouve
 

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